La méthode Coué ne marche plus

UnknownLundi soir, au dîner des journalistes de la presse présidentielle, le chef de l’État a reconnu qu’un ralentissement n’était «pas impossible»

C’était le 14 Juillet. Il y a quelques jours seulement… mais qui semblent loin aujourd’hui. Devant les Français qui venaient de profiter des défilés, le chef de l’État se voulait rassurant. Peut-être trop. Même fragile, «la reprise est là», assurait alors François Hollande. Comme l’année précédente, la méthode Coué du président était immédiatement raillée…

Lundi, une semaine plus tard, le ton avait changé. Au cours du dîner annuel de la presse présidentielle, dont le chef de l’État était l’invité pour la deuxième année, les journalistes ont eu face à eux un personnage fort différent, beaucoup plus grave. François Hollande a reconnu qu’un ralentissement économique n’était «pas impossible» et que la croissance pouvait encore «s’affaiblir». Il a aussi évoqué les «fragilités» du pays, lui qui d’ordinaire prend tant de soin à maintenir un discours de confiance.

«L’état d’esprit du président n’a pas changé, insiste son entourage. Il exprime juste les choses un peu différemment. Ce qu’il a dit signifie que nous sommes bien sortis de la phase de récession et que nous devons tout mettre en œuvre – ce que nous comptons faire – pour saisir les opportunités de reprise. Si ce n’est pas le cas, que la confiance ne revient pas, alors nous manquerons le train.»

Un autre de ses proches assure que «si le président n’était pas inquiet, on le lui reprocherait! Le climat général, du fait d’une actualité internationale devenue lourde, n’est pas favorable à l’économie».

Le sentiment de vigilance que dégage le président est, il est vrai, largement lié aux événements géopolitiques de ces dernières semaines. «Nous sommes dans un moment extrêmement lourd sur le plan extérieur avec des crises, des conflits, plusieurs tragédies», a dit François Hollande, faisant référence au conflit au Proche-Orient, au terrorisme, à la crise ukrainienne…

Mais ces tensions, dont il est aujourd’hui difficile de mesurer l’impact, n’expliquent pas à elles seules ce changement de discours. C’est surtout sur le front de la conjoncture que le temps se gâte depuis quelques semaines. «On attendait un déclic, il n’arrive pas», admet-on à Bercy.

Chomage-Baisse-Hollande-610x250 Une industrie qui souffre

En réalité, les signes négatifs se multiplient. L’exécutif a ainsi été douché par la morosité de la production industrielle. Au mois de mai, elle a reculé de 2,3 % dans l’industrie manufacturière, après un mois d’avril stable. Sur les trois derniers mois, la production diminue ainsi de 0,9 % par rapport aux trois mois précédents.

La conjoncture internationale n’est pas réjouissante non plus: le FMI a revu hier à la baisse la croissance américaine pour cette année, à 1,7 %. Le ralentissement attendu de l’activité au deuxième trimestre chez notre voisin allemand «n’est pas non plus une bonne nouvelle», ajoute-t-on au ministère.

Les chiffres du PIB du deuxième trimestre – très attendus après la croissance nulle du 1er trimestre – ne sortiront que le 14 août. Mais ils sont d’ores et déjà redoutés. L’Insee, dans sa dernière note de conjoncture, avait une prévision de 0,3 %. Mais, de source gouvernementale, on reconnaît que la croissance ne sera sûrement pas à la hauteur. Voire qu’elle pourrait de nouveau être proche d’une stagnation. «Nous attendons les chiffres de mi-août, puis nous en tirerons les conséquences le cas échéant», dit-on au sommet de l’État.

C’est effectivement à la rentrée, dans le cadre de la préparation de la loi de finances pour 2015 que le ministre des Finances, Michel Sapin, aura l’opportunité de revoir son scénario macroéconomique. Pour l’heure, le gouvernement campe sur celui qui est inscrit dans le programme de stabilité: une hausse de 1 % du PIB en 2014 et 1,7 % en 2015. Des chiffres qui paraissent désormais peu crédibles.

Interrogé sur la capacité de la France à tenir son engagement de ramener le déficit public à 3 % du PIB l’an prochain, le président a été clair: «S’il devait se passer un ralentissement de l’économie, nous utiliserions à ce moment-là les marges de flexibilité» prévues par le pacte de stabilité et de croissance européen, a-t-il déclaré.

  • Pas question, en tout cas, d’alourdir quelque enveloppe que ce soit. «Cinquante milliards d’économies sur trois ans, c’est ce que je pense être le bon dosage (…) pour à la fois réduire le déficit, permettre aux entreprises d’être plus compétitives et faire un certain nombre de baisses d’impôts», a insisté le chef de l’État, lundi soir. Hier, le président du groupe PS à l’Assemblée, Bruno Le Roux, a renchéri, excluant toute hausse d’impôt supplémentaire ou coupe accrue dans les dépenses publiques si la croissance flanchait «plus que prévu». «On est au maximum de l’effort qui peut être demandé»

A suivre encore un promesse , qui sera non tenue.

Source : Les Echos
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