Compétitivité : le coût de la main-d’oeuvre

< Alors que M. Louis Gallois vient de remettre au Premier ministre son rapport sur la « compétitivité » des entreprises en France , une analyse de l’INSEE a permis , au cours du premier semestre 2012 , d’établir une comparaison européenne sur les coûts de main-d’œuvre . En rétablissant , au passage , quelques faits parfois déformés . Ainsi , en 2008 , dans les entreprises de dix salariés ou plus de l’industrie et des services marchands , un salarié français « coûte » , en moyenne 50 850 euros par an . Rapporté aux heures effectivement travaillées , le coût du travail est légèrement inférieur à 32 euros de l’heure . Comparativement à quinze autres pays de l’Union européenne , la France fait partie du groupe de cinq pays ayant un coût de la main-d’œuvre par heure travaillée supérieure à 31 euros aux côté de la Belgique , du Danemark , de la Suède et ….. de l’Allemagne . Ainsi dans le secteur de l’industrie automobile , le coût horaire allemand est le plus élevé d’Europe : il est supérieur de 29% à celui observé en France ( 43,14 euros contre 33,38 euros ) . De plus , il semble que M. Gallois a oublié ses propos passés où il dénonçait les taux de profit à deux chiffres incompatibles avec un développement industriel , ou encore le dogme de la concurrence libre et non faussée qui entrave le soutien à l’industrie européenne . Enterrée aussi l’évaluation de la Cour des comptes soulignant l’inefficacité des exonérations fiscales et sociales aux entreprises et leur coût exorbitant pour la collectivité .Ainsi donc la compétitivité ne se conjuguerait plus qu’à partir du leitmotiv d’une compétitivité-coût , c’est à dire de la seule baisse du coût du travail . Il est temps de mettre un terme à ces idées reçues, à ces affirmations dogmatiques . La France occupe le PREMIER rang mondial de productivité horaire du travail . Dans l’industrie , le secteur manufacturier , le prix du travail se situe dans la médiane des principaux pays européens , identique à celui de l’Allemagne . La France détient le record de la plus forte dévalorisation du prix du travail par rapport au capital , puisque le montant des dividendes versés aux actionnaires est le PLUS élevé d’Europe . Les cotisations sociales « plomberaient » alors le coût du travail en France ….. ? Or l’ensemble des entreprises françaises non financières paie 156 millions d’euros de cotisations sociales , pour 308 millions d’euros de coût du capital ( dettes et dividendes ) . La France ne cesse de payer très cher la fuite en avant dans la baisse du coût du travail qui a développé un véritable dumping social et entraîné des délocalisations , avec pour conséquences une perte de process et de capacités de production , ainsi que l’abandon de pans entiers de secteurs industriels : l’acier , l’aluminium, le textile …….et aujourd’hui sont sur la sellette l’industrie automobile et les raffineries .
Les ressorts d’une compétitivité durable se situent dans la qualité , la fiabilité , la sécurité des produits . Son développement requiert plus d’innovation et de recherche qui impliquent à leur tour toujours plus d’intervention des salariés et de maîtrise de leur travail , plus d’élévation des qualifications ; leur reconnaissance et un plein exercice de ces qualifications est incompatible avec la précarité . Ces droits sociaux, le choix du social , sont ainsi un levier puissant pour asseoir une compétitivité durable et globale . En un mot l’inverse de ce que propose le rapport Gallois et le MEDEF . >

Bernard DUBOIS

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