La Châtaigne – la reine de Montmorency en Automne

UnknownC’est le moment de manger ces fruits à écale, réservoirs d’amidon et de fibres dont la valeur calorique est comparable à celle des céréales, et sans gluten.

Une fois leur enveloppe épineuse retirée, la châtaigne et le marron ne sont que douceur. Certes, il ne faut pas abuser de ces fruits à écale – c’est ainsi qu’ils sont appelés -, car ils sont riches en glucides (près de 40 % de sucres, dont deux tiers d’amidon et un tiers de saccharose), essentiellement quelques semaines après la récolte. Les spécialistes insistent sur le fait que les châtaignes contiennent aussi un taux relativement élevé de lipides pour un végétal. Et même si la châtaigne a longtemps été considérée comme un aliment de base dans certaines régions de France (comme l’Ardèche, le Var ou la Corse), il est aujourd’hui conseillé de ne pas en manger plus d’une dizaine par jour, en complément d’une alimentation riche en légumes et en fruits frais. Que les châtaignes soient simplement grillées ou bouillies pour en faire une purée (pour ne pas parler des marrons glacés, aussi délicieux que caloriques), cette ration semble déjà difficile à atteindre par la majorité des personnes ayant un appétit normal.

Riches en fibres

Pour continuer avec les bienfaits de cet aliment propre à l’automne et à l’hiver, il faut souligner sa richesse en fibres et sa teneur particulièrement élevée en minéraux, essentiellement en potassium, mais aussi, à un degré moindre, en magnésium, en calcium et en fer. On y trouve aussi des oligo-éléments (principalement du manganèse, du cuivre, du zinc et du sélénium), ainsi que des vitamines (groupes B et C). Et plusieurs études attribuent à la consommation régulière de ces fruits un effet bénéfique sur le taux de cholestérol dans le sang, sur le risque de maladie cardiovasculaire et sur celui de diabète de type 2 (lié en général à la maturité et à l’embonpoint).

Les personnes atteintes de la maladie coeliaque, comme toutes celles qui veulent éviter de manger du gluten, peuvent recourir à la farine de châtaigne pour préparer différents plats. Mais, attention, les fruits à écale (châtaigne, amande, noix, noisette) constituent l’une des principales causes d’allergie alimentaire. A fortiori dans les familles connaissant des problèmes d’intolérance, il est vivement déconseillé de les donner avant l’âge de 3 ans. Les autres enfants peuvent en consommer un peu plus tôt.

À consommer rapidement

Le mieux est de placer les châtaignes fraîches dans le bac à légumes du réfrigérateur et de les consommer assez rapidement : elles conservent leurs qualités environ une semaine. Ceux qui veulent les garder plus longtemps ont tout intérêt à les faire tremper pendant 5 à 7 jours après le ramassage, en changeant régulièrement l’eau et en retirant tous les fruits qui remontent à la surface (ils sont « creux », et donc véreux ou pourris). Après un séchage dans un endroit bien ventilé, il est possible de les stocker dans un lieu frais et aéré. Leur temps de conservation est ainsi triplé, voire quadruplé.

Dernier point : qu’on les appelle châtaignes ou marrons, ces fruits n’ont rien à voir avec le marron d’Inde, qui est une graine toxique provenant du marronnier commun (originaire des Balkans et de l’Asie occidentale) et qui est utilisé pour ses propriétés médicinales. Il est notamment recommandé pour lutter contre l’insuffisance veineuse, voire les varices et les hémorroïdes. Il pourrait également réduire les cernes sous les yeux.

 

Quelques recettes

Confiture de châtaignes

Faites une incision dans la peau de 1 kg de châtaignes. Plongez-les 5 mn dans de l’eau bouillante et épluchez-les. Couvrez-les ensuite d’eau et faites cuire jusqu’à ce qu’elles soient tendres et s’écrasent facilement. Egouttez-les et passez-les à la Moulinette (grille fine) pour obtenir une purée lisse. Pesez cette purée et mesurez le même poids de sucre. Mouillez ce sucre avec un peu d’eau (2 dl d’eau par kg de sucre) et faites cuire jusqu’au petit perlé (33° à 35° au pèse-sirop). Si vous plongez une écumoire dans le sirop et si vous soufflez à travers, il se forme des petites bulles. Mélangez la purée de marrons à ce sirop, joignez une gousse de vanille fendue en deux et faites cuire en remuant pendant une trentaine de minutes. Vérifiez la consistance et mettez en pots.

Châtaignes au lait

Apres incision, les plonger cinq à 10 minutes dans une marmite d’eau bouillante. Les éplucher. Achever la cuisson dans du lait bouillant, légèrement salé. Sucrer selon son goût peu avant de servir.

Soupe aux Châtaignes

Verser de la purée de châtaigne dans du bouillon de poulet, mélanger, ajouter du persil haché, sel, poivre, muscade, de la crème liquide et des châtaignes entières. Cuire en remuant de temps en temps. La soupe doit être un peu épaisse. Mettre une tranche de pain de châtaigne sur une assiette et verser de la soupe à côté.

Tarte tiède à la châtaigne

Ingrédients pour 4+- personnes
pour la recette

Pâte sucrée :
150 g de beurre
100 g de sucre glace
30 g de poudre d’amandes
2 gousses de vanille
1 oeuf
150 g de farine
1 pincé de levure chimique
Sauce chocolat :
150 g de crème liquide
50 g de sucre
25 g de poudre de cacao
Garniture de châtaignes :
70 g de beurre
3 jaunes d’oeufs
1 oeuf entier
25 g de sucre semoule
150 g de crème de marrons
1 cuil. à café de rhum
Caramel :
200 g de sucre
60 g d’eau
quelques gouttes de jus de citron
Chantilly un peu fluide avec une 1 cuil. à café de rhum
Chantilly pour le décor

PRÉPARATION

Sauce au chocolat. Mettre les ingrédients pour la sauce au chocolat dans une casserole et mélanger à chaud, en tournant bien car le cacao se mélange mal. Quand l’ébullition est atteinte, retirer du feu. Laisser refroidir. Pâte sucrée. Travailler le beurre en pommade, ajouter le sucre glace et la vanille contenu dans les gousses (les fendre en deux pour extraire la vanille). Mélanger le sucre et le beurre pour obtenir un mélange très homogène. Ajouter la farine et levure chimique et la poudre d’amandes, mélanger sans trop travailler car la pâte perdrait de sa friabilité. Ajouter un oeuf entier, l’amalgamer rapidement, sans malaxer plus qu’il n’est nécessaire, également pour que la pâte garde sa friabilité. Mettre 3 heures minimum au frais. Faire la pâte la veille si possible. Etaler la pâte, la piquer avec une fourchette, la couper avec une forme de tartelettes, de préférence à hauts bords. Mouler la pâte dans les formes, poser à l’intérieur un papier sulfurisé et des haricots dessus. Cuire à blanc 10 mn à 200°C. Retirer du four et laisser refroidir 5 mn avant de retirer les haricots. Garniture de châtaignes. Mettre le beurre et la crème de marrons dans une casserole au bain-marie à 40°, faire fondre. Monter les 3 jaunes et l’oeuf entier avec le sucre, tourner 10 mn environ pour que le mélange devienne blanc et mousseux, ajouter le mélange de marron et verser jusqu’au 3/4 dans les fonds préparés. Mettre 15 mn à 200°C. Si le dessus dore trop vite couvrir avec du papier aluminium, les tartes doivent rester 15 mn au four. Caramel. Mettre les ingrédients dans une casserole et chauffer. Les jus de citron empêche de caraméliser. Verser le caramel avec une cuillère en le répandant sur du papier sulfurisé de façon à former une grille de la grandeur de la tartelette. Sur les assiettes faire un cercle de Chantilly fluide, faire par dessus un autre cercle avec la sauce chocolat, passer la fourchette sur les cercles pour mélanger un peu les deux. Poser au centre une tarte tiède, poser sur la tarte une cuillerée à soupe de Chantilly et la grille de caramel.

Tiramisu a la confiture de châtaignes et vanille et à la cerise
Préparation : 45 mnCrèmes et flans

Cuisson : Prêt en 45 mn

2 pots de mascarpone

1 pot de confiture de châtaignes à la vanille « Mamie Douceur »

1 pot de confiture de cerises griottes « Mamie Douceur »
3 blancs d’oeufs « Les Oeufs de Nos Régions »
50 g de sucre en poudre
Quelques gouttes d’essence d’amande amère ou de vanille
2 feuilles de gélatine
1 boite de gros biscuits à la cuil. à soupe « P’tit Déli »
6 cerises (facultatif)
PRÉPARATION

1.Placer dans un bol une grosse cuillère à soupe de confiture de cerises puis la délayer petit à petit avec un peu d’eau. Le liquide obtenu doit être sirupeux mais pas trop liquide. Réserver de côté ce coulis.
2.A l’aide d’un batteur électrique, monter les blancs en neige puis ajouter le sucre en poudre. Mélanger quelques instants. Incorporer aux blancs en neige le mascarpone en mélangeant délicatement à la cuillère. Ajouter les feuilles de gélatine préalablement fondues au micro-ondes ainsi que l’essence d’amande amère.
3.Placer au fond de chaque bol un centimètre de confiture de châtaignes puis une couche de crème, une couche de biscuits à la cuillère préalablement trempés dans le coulis de cerises, puis une cuillère de confiture de cerises. Finir en recouvrant d’une couche de crème. Placer au frais au minimum 1h30.
4.Avant de servir, décorer chaque tiramisu d’une cerise.
5.Suggestion du sommelier : Champagne Brut Blanc 75 cl « POL CARSON » 1er Cru

Source Le Point
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L’article à lire pour comprendre les élections sénatoriales

4703249Dimanche 28 septembre, la moitié du Sénat sera renouvelée lors des élections sénatoriales.

Un scrutin indirect où il est facile de se perdre…

Un résume pour l’essentiel.

Le 28 septembre 2014, la moitié des sièges seront renouvelés à la Haute assemblée à l’occasion des élections sénatoriales.
Dimanche 28 septembre se tiendront des élections sénatoriales. La moitié du Sénat, qui compte 348 élus, doit être renouvelée. Comment se déroule le scrutin de cette élection ? Quels en sont les enjeux ? Explications.

1  – Est-ce que je vais voter dimanche 28 septembre ?
Non, vous pouvez rester chez vous.

Contrairement aux législatives ou à la présidentielle, les élections sénatoriales relèvent du suffrage indirect : les sénateurs sont élus par des grands électeurs, à plus de 90% constitués de conseillers municipaux. S’y ajoutent les députés, les conseillers généraux et les conseillers régionaux, soit au total 87 534 votants pour ces sénatoriales de 2014. Le vote est obligatoire, sous peine d’une amende de 100 euros.

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2  – Je vais donc avoir un nouveau sénateur ?
Pas forcément. Vous avez une chance sur deux. La moitié du Sénat est renouvelée tous les six ans. La série de septembre 2014 comprend 58 départements métropolitains, un département d’Outre-mer, quatre collectivités d’Outre-mer et six des douze sièges de la circonscription des Français établis hors de France. Au total, 178 sénateurs et sénatrices doivent être élus, sur les 348 que compte la Haute assemblée.

En France métropolitaine, les départements concernés sont ceux qui vont de l’Ain (01) à l’Indre (36) et du Bas-Rhin (56) au Territoire de Belfort (90), à l’exception notable des départements d’Ile-de-France. Une élection partielle aura quant à elle lieu en Mayenne, où un siège est vacant depuis la démission de Jean Arthuis.

Enfin, en Outre-mer, les grands électeurs se déplaceront en Guyane, à Saint-Martin, Saint-Barthélémy, Wallis-et-Futuna et en Polynésie française.

3 – Ils sont élus comment, les sénateurs ?
Ces élections mélangent deux types de scrutin :

• Scrutin majoritaire à deux tours dans les départements qui élisent seulement un ou deux sénateurs, et dans les territoires d’Outre-mer. Pour l’élection de 2014, le scrutin majoritaire concerne 59 sièges. Le premier tour a lieu le dimanche matin, le second en milieu d’après-midi.

• Représentation proportionnelle dans les départements où sont élus trois sénateurs ou plus, ainsi que pour les sénateurs des Français de l’étranger. Pour l’élection de 2014, ce type de scrutin concerne 119 sièges.

Depuis la loi du 6 juin 2000, le scrutin à la proportionnelle est soumis à une contrainte paritaire : les listes doivent comporter alternativement un homme et une femme, ou l’inverse. L’application de cette règle a fait passer la part des sénatrices de 5,6% en 1998 à 10,6% en 2001, pour atteindre 23,2% à la veille de l’élection de 2014. S’agissant du scrutin majoritaire, la loi du 2 août 2013 impose désormais que le candidat et son remplaçant soient de sexe différent, note le site Vie publique.

Unknown-34  – Ça va encore être un désastre pour Hollande, cette élection ?
Désastre, peut-être pas. Mais oui, la gauche, majoritaire au Sénat depuis 2011 (ce qui est exceptionnel pour une assemblée traditionnellement à droite) risque de perdre. « La victoire est à notre portée », juge ainsi l’ancien président du Sénat Gérard Larcher (UMP), candidat à un retour au « plateau », le surnom de la présidence du Sénat. « Je prévois 8 à 10 sénateurs UMP de mieux et 6 à 8 centristes supplémentaires », détaille-t-il, soit un total d’au moins 177 sénateurs de droite, alors que la majorité au palais du Luxembourg est de 174 sièges.

Pour le président du groupe PS au Sénat, Didier Guillaume, également candidat au plateau, « ce sera juste » : selon lui, avec les divisions de la droite, la montée du FN et les nouvelles règles de scrutin, le Sénat peut rester à gauche. « Le climat n’est pas bon, concède toutefois un poids lourd socialiste au Sénat, cité par l’AFP. Outre la situation nationale, les élus sont refroidis par la réforme territoriale, celle des rythmes scolaires, ou la baisse des ressources financières des collectivités ».

Chomage-Baisse-Hollande-610x2505  – Si la droite gagne, c’est grave pour François Hollande ?
Ce serait moins gênant qu’une cohabitation, mais pas indolore non plus. Les sénateurs participent à la « navette parlementaire » : ils peuvent corriger les textes votés en première instance par l’Assemblée nationale, même si les députés conservent le dernier mot.

Malgré une fonction essentiellement consultative, « le Sénat dispose d’un pouvoir de nuisance (…), il puise son seul véritable pouvoir dans sa force d’inertie », analyse Slate.fr. Le site rappelle que « pendant les années Mitterrand, le Sénat [de droite] mena une guérilla procédurière, saisissant le Conseil constitutionnel pour faire échec à la politique de gauche ».

N’oublions pas non plus que le président du Sénat est le numéro 2 de la République : si le chef de l’Etat prend congé du pouvoir, ou s’il décède, c’est lui qui assure la transition, en attendant une nouvelle élection.

6 –  Et qui sera président du Sénat, alors ?
L’actuel président du Sénat est Jean-Pierre Bel, élu PS de l’Ariège. « Sans regret et sans remords », il a décidé de ne pas se représenter. Qui lui succédera ? A droite, les sénateurs UMP Jean-Pierre Raffarin, Philippe Marini et Gérard Larcher (déjà président du Sénat entre 2008 et 2011) sont en campagne. La gauche pourra, elle, compter sur la candidature du socialiste Didier Guillaume.

7 – J’ai eu la flemme de lire l’article jusqu’au bout… Vous me faites un petit résumé ?
Dimanche 28 septembre, 178 sénateurs seront élus par des dizaines de milliers de grands électeurs, dans des bureaux près de chez vous. Il y a de fortes chances que le Sénat repasse à droite, ce qui constituerait un revers supplémentaire pour François Hollande. Mais comme le Sénat, pourtant à gauche, avait déjà freiné des réformes que le président tentait de faire passer (budget, réforme territoriale, énergie…), cela ne devrait pas changer grand-chose, si ce n’est ralentir encore un peu plus le calendrier parlementaire.

Source France info
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La décadence socialiste et l’empire romain

Tout pourrait sembler avoir été dit sur la civilisation romaine antique, sur son essor, puis sa chute.

Des ouvrages devenus des classiquunnamed132es ont été consacrés au sujet. De grands historiens ont consacré leur vie á l’étudier. Dans un essai bref (Rome, du libéralisme au socialisme*), dense, très bien écrit, d’une érudition remarquable, Philippe Fabry n’en parvient pas moins á apporter des explications nouvelles.

Rome, dit-il, a dû son essor au règne du droit et à la liberté économique, et a sombré ensuite peu à peu en devenant une société socialiste.

Rome, dit Philippe Fabry, a d’abord été une société basée sur une « volonté des Romains de se protéger de la tyrannie ». Et deux moyens complémentaires ont été mis en oeuvre pour cela: « la limitation du pouvoir des dirigeants et l’affirmation de droits fondamentaux individuels ». Ces moyens ont commencé à se détériorer lorsque Rome a laissé l’enrichissement par la prédation l’emporter sur l’enrichissement par la production. « La conquête soudaine de vastes territoires a bouleversé le modèle socio-économique romain en provoquant un afflux de richesse considérable gagnée non par le travail et le commerce et sans commune mesure avec les butins de guerre ramassés au gré des guerres très limitées menées jusque là ». A résulté un « capitalisme d’Etat », ou « socialisme par le haut » : « la classe riche acquiert un capital (terres et esclaves) avec l’aide de l’Etat et bénéficie ensuite seule de son exploitation ».

La « stérilisation économique » alla de pair avec une « stérilisation démographique »
Ce « socialisme par le haut », note Philippe Fabry, se met en place très tôt, dès le troisième siècle avant notre ère, à la fin de la deuxième guerre punique, lorsque Rome triomphe de son principal ennemi, Carthage, et « devient maitresse de toute la Méditerranée occidentale ». Ont suivi des épisodes de « socialisme par le bas », à base de redistribution, « chaque classe souhaitant user de la puissance publique à son avantage », des guerres civiles suivies de remises en ordre, puis l’instauration d’un Léviathan « appelé empire ». Ce Léviathan fut d’abord dictature autoritaire. Il devint dictature totalitaire. La dictature totalitaire conduisit à ce que Philippe Fabry appelle la « soviétisation » de l’empire, qui conduisit à l’effondrement de celui-ci. La « stérilisation économique » alla de pair avec une « stérilisation démographique ». L’étouffement s’ajouta à l’étouffement.

L’empire d’Occident a disparu dès le cinquième siècle de notre ère, laissant place au féodalisme. L’empire d’Orient a pu sembler durer plus longtemps. Il n’en est rien, insiste Philippe Fabry. Deux siècles après la chute de l’empire d’Occident, il ne restait qu’un grand royaume grec résiduel. L’empire d’Orient n’a vécu plus longtemps que parce que « la cause efficiente de la chute, les invasions barbares » ne s’y est présentée que plus tardivement.

Philippe Fabry tire de son analyse une comparaison avec l’époque présente et, précisément, avec les Etats Unis. Eux aussi, dit Philippe Fabry, ont connu leur essor grâce au règne du droit et à la liberté économique. Eux aussi, ajoute-t-il semblent glisser vers le socialisme, quand bien même les dés ne semblent pas encore jetés.

La comparaison qui est faite avec les Etats Unis est, pour partie, pertinente, mais plus hâtive à mes yeux. Il est exact que des systèmes de redistribution de type socialiste se sont mis en place aux Etats Unis. Il se met en place aussi une forme de socialisme par le haut, particulièrement net sous Obama, qui ne se contente pas du socialisme par le bas, qu’il accentue par ailleurs. Cela dit, la guerre de Sécession ne peut être expliquée par une inégalité de traitement entre Etats du Sud et Etat du Nord: le Sud, esclavagiste, avait un fonctionnement économique peu propice aux gains de productivité et à l’innovation, le Nord était en voie d’industrialisation. La question de l’esclavage a joué un rôle essentiel, qui ne peut être sous estimé. L’Europe a été effectivement, depuis 1945, un protectorat américain, mais réduire la différence de traitement accordée par les Etats Unis à l’Europe, d’une part, et au reste du monde d’autre part, au respect donné à la « civilisation mère » laisse de côté les différences de capital culturel entre civilisations, et l’existence du risque totalitaire en divers points de la planète. La crise de 2008, par ailleurs, n’est pas due seulement au « quantitative easing » pratiqué par la Fed, mais aussi à des décisions redistributrices et interventionnistes au coeur desquelles il y a l’émergence des prêts subprime.

Pour autant, ce qui concerne les Etats Unis vient à la fin du livre, et n’en constitue qu’un fragment.

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