Notre-Dame de Paris, défigurée mais encore debout

L’incendie, apparemment accidentel, qui a ravagé lundi Notre-Dame de Paris est maîtrisé depuis ce mardi matin 10 heures. Les enquêteurs entendent les ouvriers du chantier de rénovation. La cathédrale est défigurée mais ne s’est pas totalement effondrée grâce à l’intervention des pompiers, qui sont parvenus à maîtriser les flammes et sauver la structure de l’édifice. Emmanuel Macron a promis de la « rebâtir ». Les dons et appels aux souscriptions se multiplient.

Du haut de ses 8 siècles d’histoire, la cathédrale Notre-Dame est toujours debout, sans toit ni flèche, ce mardi matin à Paris, après une nuit incandescente où chacun a craint, un moment, de voir s’effondrer l’édifice. Le feu s’est aussi propagé très rapidement sur l’ensemble de la toiture » sur « 1000 mètres carrés environ ».
Le bilan matériel est dramatique: l’ensemble de la toiture est sinistrée, l’ensemble de la charpente est détruite, une partie de la voute s’est effondrée, dans la nef centrale, la flèche n’existe plus.

« Cette cathédrale, nous la rebâtirons », a promis Emmanuel Macron.

Les pompiers de Paris annoncent, ce mardi matin, que le feu est éteint. « Il s’agissait pour les pompiers de Paris jusqu’à ce matin de préserver les deux beffrois, Nord et Sud, pour être sûrs que les tours ne soient pas touchées.
La phase est désormais à l’expertise et c’est pour cette raison qu’un ensemble d’experts examine l’ensemble des structures pour constituer les phases qui suivront, à savoir la consolidation.

Experts et architectes du bâtiment de France

Une réunion avait débuté dès 8 heures « avec des experts, des architectes du bâtiment de France pour essayer de déterminer si la structure de l’édifice du XIIIe siècle est stable
Sur le même sujet Il faudra « des décennies » pour reconstruire Notre-Dame de Paris
Le bilan matériel est dramatique: l’ensemble de la toiture est sinistrée, l’ensemble de la charpente est détruite, une partie de la voute s’est effondrée, la flèche n’existe plus.
En pleine nuit, le vicaire général du diocèse de Paris Philippe Marsset qui a pu entrer à l’intérieur de l’édifice, s’est trouvé face à une scène de « bombardement », « une vision incroyable », évoquant « les vitraux explosés », et la flèche qui, « en tombant a fait un trou au-dessus du choeur ». En 8 siècles d’histoire, l’édifice a survécu à des guerres mais n’avait jamais connu d’incendie

Une enquête a été ouverte du chef de « destruction involontaire par incendie », avait précisé dans la soirée le parquet de Paris. La piste d’un départ de feu accidentel depuis le chantier de rénovation en cours sur le toit de la cathédrale « retient l’attention des enquêteurs en l’état des investigations ».

L’incendie semble être parti au niveau d’échafaudages installés jusqu’à 50 mètres de haut sur le toit, et toujours en place, malgré les flammes.

Un haut-lieu de la foi catholique est en train de brûler », a déploré le porte-parole des évêques de France. Reliques conservées au sein de l’édifice, la couronne d’épines et la tunique de saint Louis ont toutefois pu être sauvées.

En 2017, 12 millions de touristes ont visité ce bijou de l’architecture gothique, qui faisait l’objet d’importants travaux depuis plusieurs mois.

La construction de Notre-Dame de Paris avait pris près de 200 ans (entre 1163 et 1345), et sa dernière restauration de grande ampleur date de 150 ans (elle a eu lieu entre 1844 et 1864).
Très prisée des touristes, la cathédrale continue d’assurer ses fonctions d’édifice religieux: cinq offices y sont célébrés quotidiennement, et sept les dimanches. Avec les fêtes et célébrations exceptionnelles, ce sont plus de 2000 offices qui résonnent chaque année sous ses voûtes.

Un documentaire en réalité virtuelle se plonge dans les entrailles de la cathédrale.

 

Emotion internationale

L’Unesco, se tient aux « côtés de la France pour sauvegarder et réhabiliter ce patrimoine inestimable », inscrit à son patrimoine mondial.

Une souscription nationale va d’ailleurs être lancée, a confirmé Emmanuel Macron, pour aider à une reconstruction qui s’annonce longue et difficile.

Dans la nuit, la famille Pinault a annoncé débloquer 100 millions d’euros pour Notre-Dame.

La présidente de la région Ile-de-France a annoncé mardi matin le déblocage de 10 millions d’euros d' »aide d’urgence pour aider l’archevêché à faire les premiers travaux ».
Le bâtiment est mondialement connu pour son architecture mais aussi grâce au chef-d’œuvre de Victor Hugo, « Notre-Dame de Paris », roman maintes fois adapté au cinéma, notamment par les studios Disney, ou en comédie musicale.

Cet incendie intervient au premier jour des célébrations de la Semaine sainte qui mène à Pâques, principale fête chrétienne.

Notre-Dame de Paris : dons, subventions, soucription… l’opération rénovation est déjà lancée

Collectivités et grandes fortunes débloquent des fonds, tandis qu’une souscription nationale est lancée, pour rebâtir la cathédrale sinistrée.

La Fondation du patrimoine, organisation privée qui œuvre à la sauvegarde du patrimoine français, a lancé une «collecte nationale» pour la reconstruction de la cathédrale.

La maire de Paris, Anne Hidalgo, a annoncé une contribution à hauteur de 50 millions d’euros de la Ville pour la restauration de la cathédrale.

Plusieurs oeuvres ont été transférées à l’Hôtel de Ville, dans la salle Saint-Jean, où se tiennent habituellement les expositions, a précisé la maire, qui avait auparavant annoncé son souhait d’organiser « une grande conférence internationale des donateurs », avec « des mécènes du monde entier afin de lever les fonds nécessaires à la restauration ».

Jean-Luc Moudenc, Maire de Toulouse, Président de Toulouse Métropole, a souhaité associer les deux collectivités au grand élan de solidarité nationale en faveur de la reconstruction de la cathédrale : il proposera aux assemblées délibérantes le versement d’une subvention d’1 M€ (500 000 euros pour chacune des deux collectivités) afin de contribuer à « la réhabilitation de ce symbole national ».

Une démarche imitée par le département du Haut-Rhin, qui va débloquer une aide exceptionnelle de 100 000 €.

Les entreprises de l’univers de la construction ont elles aussi réagi. Vinci a proposé ce mardi matin un « mécénat de compétences » et annoncé sa participation financière à la souscription, tout comme la famille Duval (Groupe Duval).

Notre-Dame de Paris : les joyaux que nous avons perdu:

C’est l’un des plus grands joyaux patrimoniaux de Paris. La cathédrale Notre-Dame de Paris, vieille de plus de 800 ans, a été victime d’un incendie ce lundi 15 avril. Sa charpente du XIIIe siècle est sur le point de disparaitre à tout jamais.

Elle a résisté à toutes les guerres et demeurait l’un des plus beaux témoignages de l’architecture gothique de France.

Une charpente qui remonte au XIIIe siècle

La charpente de Notre-Dame de Paris était l’une des plus anciennes de la capitale avec celle de Saint-Pierre de Montmartre (1147). Son vaisseau de bois, appelé joliment « la forêt » en raison de la quantité de poutres qu’il a fallu pour la réaliser, faisait l’admiration de tous. Ses dimensions sont gigantesques : 100 mètres de longueur, 13 mètres de largeur dans le nef, 40 mètres dans le transept et 10 mètres de hauteur.

Charpente d’une des tours de Notre-Dame de Paris.

La grande majorité de la charpente actuelle date du XIIIe siècle. Un témoignage unique et rare en France quand on sait que de nombreuses charpentes ont souvent brûlées dans divers incendies. Mais Notre-Dame a certainement connu un incendie durant les premiers siècles de sa construction. En effet, dans le chœur, des bois plus anciens, abattus aux alentours de 1160 et 1170, ont été réutilisés dans la nouvelle charpente du XIIIe siècle. Certains éléments de bois pourraient même remonter au IXe siècle ! Si les charpentes du chœur et de la nef ont traversés le siècles, celles du transept ont été refaites au milieu du XIXesiècle lors de la campagne de restauration de Viollet-le-Duc.

La flèche effondrée

La flèche, haute de 93 mètres de hauteur, s’est effondrée aux alentours de 20h. Elle datait du XIXe siècle et avait été reconstruite par Viollet-le-Duc. La toute première flèche de la cathédrale avait été édifiée vers 1250, au dessus de la croisée du transept. Jusqu’au XVIIe siècle, elle comportait cinq cloches mais elle a été démontée entre 1786 et 1792.

Flèche Notre-Dame de Paris.

C’est en 1860, que Viollet-le-Duc charge le charpentier Bellu de reconstruire la flèche qui, désormais, ne comporte plus de cloches. Imaginée sur le modèle de celle d’Orléans de 1852, elle comportait deux étages et s’éloignait radicalement, sur la forme, de celle du XIIIe siècle. La flèche dominait les statues de cuivre des douze apôtres avec les symboles des quatre évangélistes, dernièrement déposées au sol pour restauration. Viollet-le-Duc s’était fait représenter lui-même sous les traits de saint Thomas avec son équerre.

 

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