Eric Woerth : «Nous ne sommes pas la roue de secours de François Hollande»

imagesINTERVIEW – Le secrétaire général des Républicains dévoile les mesures d’urgence du parti sur l’emploi. Il propose un volet économique à la réforme constitutionnelle.

Après les régionales, Jean-Pierre Raffarin ne touche-t-il pas juste en proposant un pacte commun contre le chômage ?
C’est une mauvaise approche du sujet. Les régionales ont été à la fois un avertissement pour tous et un succès pour la droite. Nous avons pris une série de régions, certaines en duel certes, et cela impose un mode d’organisation particulier, mais d’autres en triangulaires. Ne tirons pas de règle générale de situations particulières. Surtout, ne tombons pas les deux pieds joints dans le piège tendu par le président de la République. Nous ne sommes pas là pour endosser tous les échecs de François Hollande et notamment celui de sa politique économique et sociale, avec des contre-performances à tous les étages : un chômage au plus haut niveau depuis 1997, une chute de l’investissement, une consommation atone, une croissance anémique, sans emploi. François Hollande est le champion du monde de l’évitement de la réforme.

Vos sympathisants, les Français, sont favorables à ce travail en commun. Est-ce que cela ne vous oblige pas ?
L’union c’est quand il n’y a pas de majorité, or il y en a une, certes divisée mais majoritaire. L’appel à l’union n’est en réalité que le sauvetage de la gauche organisé par elle-même. Ne nous y trompons pas. La France c’est d’abord une démocratie. S’il n’y a plus de majorité et d’opposition, il n’y a pas plus de démocratie. L’union nationale est un mirage que l’on ressort dans les périodes difficiles. François Hollande ne veut pas l’union nationale, il veut l’union autour de lui pour être réélu en 2017.

Mais même le président du Medef, Pierre Gattaz, a dit chiche à un « pacte républicain contre le chômage »…
C’est normal, il parle du point de vue de l’entreprise, pas du point de vue de la démocratie. Mais si l’on souhaite instituer deux blocs qui seraient le FN et une sorte de corps mou au périmètre mal défini, continuons comme cela. Les premières à payer le prix de l’affaiblissement seraient les entreprises et donc l’emploi. Ce qu’attendent les Français, ce n’est pas l’union nationale, ce sont des résultats. Nous ne sommes pas la roue de secours de François Hollande. La bonne réponse, c’est une opposition crédible, efficace, qui incarne l’alternance.

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Alors que proposez-vous avant le plan pour l’emploi que l’exécutif doit développer en janvier ?
Transformons d’abord le CICE en baisse définitive de charges et recentrons-la principalement sur les emplois non qualifiés. Il faut l’augmenter de 10 milliards supplémentaires afin d’atteindre 30 milliards avec l’enveloppe du CICE. Cela permet la création d’emploi, et de doper l’investissement, l’une des sous-performances de notre pays.

Avant de nouvelles baisses de charges, Laurent Berger, à la CFDT, demande au patronat de respecter ses engagements sur l’investissement, la formation, l’emploi. Qu’en pensez-vous ?
Le donnant-donnant, c’est une profonde erreur. Les charges en France sont trop élevées et empêchent l’embauche à un niveau faible de qualification. Il faut laisser à l’entreprise la liberté d’entreprendre. Le cœur du sujet, c’est l’entreprise. Il faut réfléchir à la baisse de l’impôt sur les sociétés, excessif par rapport aux autres pays industrialisés. Pour financer les baisses de charges que nous proposons, il faut renoncer au recrutement supplémentaire de fonctionnaires, rétablir le jour de carence comme dans le privé. Il faut accroître la productivité administrative, lutter contre l’absentéisme et négocier l’augmentation immédiate du temps de travail dans le secteur public.

Le gouvernement souhaite simplifier le Code du travail. Quelles mesures d’urgence préconisez-vous là ?
Il faut changer le droit du travail mais pas à la vitesse socialiste qui amuse la galerie et ne change rien. Pour faciliter l’embauche et sécuriser les entreprises, il faut permettre l’inscription dans le contrat de travail des conditions de rupture de celui-ci en bornant le pouvoir d’interprétation du juge. Il faut plafonner le montant des indemnités devant les prud’hommes en cas d’absence de cause réelle et sérieuse. Emmanuel Macron l’avait envisagé mais mal écrit. Simplifions aussi les seuils en supprimant les commissions régionales pour les TPE, le seuil à 10 salariés pour les délégués et à 50 salariés, donnons la possibilité aux entreprises de fusionner tous les organismes de représentation du personnel.
Côté syndical, il faut renvoyer la plupart des négociations aux accords d’entreprises. La clef – Nicolas Sarkozy l’a déjà proposé -, c’est le référendum : la vraie démocratie sociale, c’est de donner la parole aux salariés. Quant au temps de travail, laissons-le aussi se négocier dans l’entreprise car il faut rompre avec la logique des 35 heures ! Les entreprises ont besoin de retrouver la confiance : pour cela, il faut interdire toute rétroactivité, notamment fiscale, entamer un vaste mouvement contre l’arbitraire administratif, mettre un moratoire sur toute nouvelle norme et supprimer le compte pénibilité qui est un monstre administratif imaginé par le gouvernement.

Le gouvernement présente mercredi en Conseil des ministres une réforme de la Constitution. La droite va-t-elle la voter ?
Nous attendons de voir ce qu’il y a dedans. Y aura-t-il la déchéance de la nationalité ? Apparemment, cela pose problème à gauche. Cette réforme est là pour répondre aux attentats. L’autre urgence, c’est l’emploi. Profitons-en pour créer un deuxième volet à la réforme constitutionnelle qui serait économique. Nous pourrions par exemple supprimer le principe de précaution et le remplacer par celui d’innovation ou encore inscrire dans la Constitution l’interdiction des déficits sociaux. Ce serait un volet positif pour la France.

La droite a désormais plusieurs régions. Quels leviers voulez-vous actionner pour la formation et l’apprentissage ?
Il faut lancer un grand plan sur l’apprentissage. Fixons-nous des objectifs : au moins 100 jeunes de plus par jour en apprentissage. L’apprentissage, c’est l’un des échecs majeurs de François Hollande qui n’a cessé de varier sur la question. Rendons l’apprentissage plus attractif en augmentant le temps passé dans l’entreprise. Là encore, il faut assouplir les conditions de rupture du contrat d’apprentissage et faire basculer une partie des financements des contrats aidés vers l’apprentissage. Dans les régions, lançons un recensement complet des postes non pourvus. Il y a structurellement beaucoup de postes non pourvus que l’on peut mettre en face de personnes qui cherchent un emploi en faisant travailler ensemble Pôle emploi et les organismes de formation.

L’assurance-chômage fera aussi en 2016 l’objet de nouvelles négociations. Dans quel sens faut-il aller ?
Incitons au travail. Nicolas Sarkozy l’a proposé, avec, au bout d’un an, la dégressivité des allocations chômage. Il faut aussi contrôler et sanctionner tous les abus en matière de prestation chômage. Il faut aussi que l’Etat entre en lutte ouverte contre le système des travailleurs détachés. Il ne peut plus y avoir de dumping social à l’intérieur de l’Europe. Il faut instituer un mécanisme de surcotisation en renégociant les règles européennes.

Cette année à droite va être celle de la primaire. Comment être audible sur le projet quand chacun des candidats travaille à ses propres propositions ?
La primaire est incontournable. Elle doit être aussi responsable. Elle ne doit pas fracturer, diviser profondément et laisser des cicatrices qui risqueraient de ne pas se refermer. Au contraire, elle doit permettre d’organiser le débat au sein de notre mouvement et d’arriver au résultat souhaité : un candidat porté par tous, avec un projet discuté ensemble et qui gagne l’élection présidentielle. Que Nicolas Sarkozy appelle à un projet partagé est indispensable, c’est une base de départ, un point de référence. Ce n’est pas parce que chacun réfléchit légitimement à ses propositions que cela empêche l’adoption d’un vrai projet collectif. Au contraire, il nous faut une puissante refondation de notre modèle économique et social.

Source Les Echos
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Liste de djihadistes connus en Syrie. Manuel Valls ne s’est toujours pas expliqué devant les parlementaires

Valls_colereManuel Valls a-t-il commis une faute lourde entrainant la mise en danger des Français vis à vis de l’islamisme radical ?

C’est ce qu’ont demandé à l’Assemblée nationale plusieurs parlementaires,  en novembre, après les attentats de Paris. Manuel Valls – qui dispose d’un délai maximum de deux mois pour donner une réponse, obligatoire dans notre système républicain – ne s’est toujours pas exprimé, un mois après, à ce sujet.

La source de ces interrogations ? Les révélations, dans Valeurs Actuelles, de Bernard Squarcini, directeur central du renseignement intérieur de 2008 à 2012, c’est à dire au centre de l’appareil d’État jusqu’à l’arrivée de François Hollande au pouvoir. Lâchement débarqué par l’actuel Premier ministre, comme il l’avait confié au journal Corse-Matin, M. Squarcini était pourtant en pointe dans l’information et le renseignement pour lutter contre le terrorisme islamiste.

Il dit avoir d’ailleurs proposé ses services, deux ans avant les attentats de Paris, au gouvernement français. A propos de ces Français de papier étant partis en Syrie – et dont certains reviennent en France pour y mener la guerre sainte, M. Squarcini explique : « Il y a déjà deux ans, les services syriens m’avaient effectivement proposé une liste des Français combattant en Syrie. j’en avais parlé à mon ancien service qui en a rendu compte à Manuel Valls. La condition des Syriens était que la France accepte de coopérer à nouveau avec leurs services de renseignements. On m’a opposé un refus pour des raisons idéologiques.». Il lâche ensuite : « c’est dommage car la proposition était une bonne amorce pour renouer nos relations et surtout, pour connaître, identifier et surveiller tous ces Français qui transitent entre notre pays et la Syrie. Résultat : on ne sait rien d’eux et on perd beaucoup de temps en demandant des informations aux agences allemandes, qui sont toujours restées sur place, mais aussi jordaniennes, russes, américaines et turques. On n’est absolument plus dans le concret. »

Le Premier ministre est-il gêné à ce point sur ce sujet sensible – voire vital pour la sécurité de nos concitoyens – qu’il cherche à gagner du temps ?

Il est vrai que la politique étrangère désastreuse menée par François Hollande vis à vis de la Syrie (et de la Russie) , contre Bachar El Assad et aux côtés de certains groupes islamistes, amène des interrogations . En 2012, Laurent Fabius, ministre des Affaires étrangères, « conscient de la force de ses propos », déclarait que M. Assad « ne mériterait pas d’être sur la terre », ce qui constituait presque un appel au meurtre de la part d’un haut placé de la République. En 2014, Bernard Squarcini, déjà lui, expliquait : «Depuis l’arrivée de Laurent Fabius au Quai d’Orsay, tous les ponts ont été coupés avec Damas parce que Paris mise sur la chute du régime (…). Tous les djihadistes français partent là-bas. Comment les arrêter s’il n’y a plus de contacts, plus de négociations ?».

Trois années après et quelques attentats plus tard commis sur le sol français, celui qui souhaitait la mort du président syrien et de son régime estime désormais qu’aucune solution politique au conflit syrien ne pourra être trouvé sans Bachar El Assad et qu’il faut donc coopérer. Selon un observateur, « Ce revirement témoigne, s’il en était besoin, de l’inconsistance de la politique étrangère conduite par François Hollande. »

Manuel Valls n’a plus qu’un mois pour répondre désormais à une question qui pourrait clairement remettre en cause – au nom des valeurs de la République – son rôle dans la gestion de la France.

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Impôts, chômage, croissance : les Français ne croient plus aux promesses de Hollande

2m8WnLEH-istock-000002285702smallQue ce soit sur les objectifs de croissance et de déficit pour 2016, l’inversion tant attendue de la courbe du chômage ou la baisse martelée de l’impôt sur le revenu, les Français ne croient plus aux promesses sans lendemain du chef de l’État.

67% des Français pensent que la progression du PIB sera inférieure à l’objectif voté dans la loi de finances pour 2016 selon les résultats de la 12e vague de l’EcoScope, baromètre mensuel réalisé par OpinionWay pour Axys Consultants, Le Figaro et BFM Business.

La déconvenue est encore plus forte en ce qui concerne l’engagement du président de la République de ramener le déficit public à 3,3 % du PIB fin 2016 : 85 % des Français n’y croient pas ! Après le matraquage fiscal du début de quinquennat, les Français ne se font guère d’illusion, non plus, sur une baisse de l’impôt sur le revenu en 2016 : 84 % n’y croient pas.

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