Il faut sauver la forêt de Montmorency !

Mobilisation pour « sauver »

la forêt de Montmorency

La maladie de l’encre, qui frappe durement les châtaigniers de la forêt de Montmorency, s’est accélérée ces deux dernières années.

Longue de 6 kilomètres, couvrant 13 communes et située à seulement 20 kilomètres de Paris, la forêt de Montmorency, plus grande forêt domaniale du Val-d’Oise, accueille près de 5 millions de visiteurs par an. Mais comme la plupart des massifs forestiers franciliens, elle est soumise à d’importantes pressions foncières et urbaines.

Pour la protéger des agressions dont elle est victime, citoyens, associations et élus réclament depuis plus de dix ans un statut de « forêt de protection ». En 2011, symboliquement, une chaîne humaine a été organisée, tandis qu’en février 2017, un député de la quatrième circonscription du Val-d’Oise, a posé une question orale au gouvernement sur le sujet. Plus récemment, la députée LREM Naïma Moutchou, qui lui a succédé en juin 2017, a interpellé les ministres de l’Environnement et de l’Agriculture.

Seulement, jusqu’ici, la loi stipulait que le statut de « forêt de protection » n’était pas compatible avec une exploitation du sous-sol. Or, la forêt de Montmorency exploite la plus grande carrière souterraine de France de gypse qui, à elle seule, représente plus de 15 % de la production nationale.

L’opiniâtreté a porté ses fruits. Le 11 avril, un décret a été publié au « Journal officiel », créant un régime d’autorisation de travaux dans les forêts de protection. Ces autorisations visent la réalisation de fouilles archéologiques et l’exploitation de gisements de gypse dans ces espaces protégés.

Désormais, pour la forêt de Montmorency, s’ouvre une deuxième étape, l’obtention du statut. « A moi de convaincre le ministre de l’Agriculture », affirme Naïma Moutchou, qui a déjà reçu la promesse du nouveau ministre de l’Environnement, François de Rugy, de « venir sur place ». « Le processus peut être encore long » mais« je me battrai jusqu’au bout », confie la députée, qui s’est donnée jusqu’à fin 2019 pour obtenir ce statut.

Maladie de l’encre

En attendant, la forêt de Montmorency est confrontée à un autre défi. Ses châtaigniers souffrent de la maladie de l’encre, un agent pathogène microscopique qui attaque le système racinaire des arbres. Les feuilles jaunissent, les rameaux se dessèchent et, au fil des jours, l’arbre dépérit et finit par mourir. Un constat d’autant plus grave qu’il n’existe aucun traitement pour lutter contre ce fléau.

Il s’agit d’un pathogène microscopique appelé « phytophthora ». Celui-ci attaque le système racinaire. « Il se propage plus facilement dans des sols humides, précise-t-on à l’ONF. Vu que les deux derniers hivers ont été doux et les printemps assez pluvieux, le pathogène, qui se déplace d’arbre en arbre, a proliféré ».

Les arbres touchés se caractérisent par un dépérissement général : des feuilles jaunâtres, un dessèchement des rameaux, des fructifications de petite taille. Et ils finissent par mourir. Aujourd’hui, il n’existe pas de traitement pour lutter contre cette maladie.

Partout en France, d’autres forêts sont touchées, mais à Montmorency le phénomène est dévastateur car la forêt est composée à 70 % de châtaigniers, souligne l’Office national des forêts (ONF). Ces deux dernières années, la maladie s’est accélérée en raison de « printemps humides qui ont engorgé les terrains, favorisant la multiplication et le déplacement du pathogène dans le sol »,explique l’ONF. Les périodes de sécheresse qui ont suivi « ont achevé les arbres aux systèmes racinaires nécrosés », poursuit l’organisme.

Par mesure sanitaire, l’ONF a déjà procédé à des coupes rases de parcelles d’arbres touchés par la maladie et en prévoit d’autres dans les mois à venir. Des chênes, une essence d’arbres résistante au pathogène, viendront remplacer les châtaigniers abattus, mais il faut attendre l’hiver prochain pour commencer ces nouvelles plantations, car il faut « à peu près un an pour préparer les sols », explique l’ONF, qui veut, avant tout agir, avec méthode.

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