Une nouvelle dérive budgétaire

Doit-on forcément attendre des élus qu’ils tiennent toutes leurs promesses de campagne ?

Lors de la présidentielle, le candidat Hollande avait promis que s’il devenait président il ferait évoluer le prix de l’électricité et du gaz pour permettre aux plus modestes de ne plus faire office de sacrifiés de l’énergie.

Au départ, l’intention était louable : aider les plus modestes à se chauffer et s’éclairer. Surtout que dans le même temps, l’approche défendue par le candidat Hollande, et présentée aujourd’hui sous forme de proposition de loi, a également pour ambition de pousser les Français à moins consommer.



Faire une distinction entre une énergie de base vendue à un prix abordable et une énergie de confort vendue avec un surcoût devrait en effet inciter les ménages à se lancer dans une lutte anti-gaspi. Dernier avantage indirect, pousser les foyers à investir dans l’isolation thermique devrait contribuer à soutenir l’activité domestique en créant des emplois dans le bâtiment qui, par nature, ne sont pas délocalisables.

Mais entre la théorie et la pratique, entre les ambitions affichées et la réalité constatée, il y a parfois de gigantesques écarts qui incitent à étudier cette proposition avec une très grande attention.

Le premier risque est pratique.

  • Mettre en oeuvre un tel projet passant par une connaissance fine des besoins des ménages (pour déterminer le « bon » niveau de consommation), constituer une base de données fiable recensant la composition des foyers, leurs mètres carrés, leur localisation géographique, comme leur type d’habitat s’avérera complexe et source de fraudes.
  • Le deuxième risque est celui de l’opacité. Les tarifs de l’électricité et du gaz manquent déjà de transparence. Combien consommons-nous, à quel prix ? Nul ne le sait vraiment. Demain, l’équation comportera encore plus d’inconnues, ce qui pourrait ouvrir la porte à des hausses de prix discrètes mais massives.
  • Le dernier risque est budgétaire. Il faudra s’assurer que l’addition sera bien financée par un mécanisme de bonus-malus à la charge des consommateurs et non par l’Etat. Sinon, en s’engageant sur des prix subventionnés, on pourrait enclencher une nouvelle dérive budgétaire. Si tous ces problèmes ne sont pas surmontés, l’ambition donnera naissance à une nouvelle usine à gaz.

Alors pourquoi ne pas faire plus simple en disant que c’est à l’impôt de jouer un rôle redistributif ?

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