Carburant: pourquoi il n’y pas de vraie solution

Pour soulager les automobilistes, il faudrait mettre beaucoup d’argent sur la table.

Un luxe que Mr Hulot ne peut pas se permettre.

Restent les solutions alternatives: réglementation sur le raffinage, réduction de la vitesse sur les routes…

 Confronté au mécontentement des automobilistes, le gouvernement prépare une baisse des taxes sur les carburants. Son intention est bonne : il s’agit de redonner un coup de pouce au pouvoir d’achat des ménages, malmené en ces temps de crise. La mesure correspond aussi à une promesse de Mr Hulot, même si ce dernier avait parlé de blocage du prix des carburants. Malheureusement, avant même de connaître tous les détails, le nouveau dispositif est fortement critiqué.

Il  ne ferait que réduire le prix de quelques centimes par litre.

Explications.

Beaucoup d’argent pour un impact ridicule

  » Le gouvernement s’agite. Il va rencontrer les consommateurs, les producteurs…

Mais la vérité, c’est qu’il n’y a pas de vraie solution  .  »

Pour vraiment soulager les automobilistes, il faudrait mettre beaucoup d’argent sur la table. Un luxe que Hollande ne peut pas se permettre.

Le calcul est simple.

« Il y a 40 millions d’automobilistes. Si vous leur offrez une ristourne de 20 euros sur trois mois, cela coûte 800 000 millions d’euros « . Problème : à ce rythme, le gouvernement qui doit par ailleurs réduire le déficit budgétaire, ne  peut pas tenir longtemps. Surtout lorsqu’on sait que les cours du pétrole, qui font le prix des carburants, ont vocation à augmenter dans les années qui viennent, en raison d’offre limitée et des risques géopolitiques.

La tentation, pour le gouvernement, est d’impliquer le secteur privé. Mais les marges des distributeurs sont faibles : 1 centime par litre, selon un rapport de la DGCCRF. Certains pompistes brandissent déjà l’arme du chômage.  » Si on touche moins, on devra débaucher « , explique l’un d’entre eux. Reste les pétroliers.

En théorie, les pétroliers peuvent donc accepter une surtaxe temporaire, mais ils demanderont sans doute quelque chose en échange. En plus, cela ne résoudra pas le problème de fonds. En effet, les grandes compagnies pétrolières ont tendance à localiser l’activité de raffinage sur les lieux de production comme l’Arabie Saoudite, explique Edouard Barrero d’FC Que Choisir. Ils vendent ensuite leurs cargos pleins de pétrole aux enchères. Un système qui tire les prix vers le haut.

Deux issues possibles : réduire la vitesse sur les routes et réglementer le raffinage

Les solutions  » économiques  » ont donc une portée limitée.

Restent les solutions alternatives, imparfaites, elles aussi.

La première, c’est la réglementation. On peut très bien imaginer, à terme, une réglementation européenne qui vise à maintenir les activités de raffinage dans les différents pays (ces dernières sont en effet vieillissantes et peu à peu abandonnées).

Les pays consommateurs continueraient de payer les sur-marges pétrolières correspondant à l’activité d’exploration. En revanche, ils pourraient sans doute éviter les sur-marges liées au raffinage.

Les autorités européennes sont légitimes pour faire avancer ce dossier,  les marges des pétroliers montrent que leur secteur n’est pas concurrentiel.

L’autre solution consiste pour les automobilistes, à modifier leurs comportements.

Et notamment à réduire leur vitesse. Deux heurs de formation suffiraient pour réduire la consommation de 10 %.

L’impact est donc loin d’être négligeable.

L’abaissement des vitesses maximales autorisées sur les autoroutes et les voies express peut aussi réduire la consommation de 5%, si on en croit les expériences réalisées en Espagne.

Mais ces solutions ont sans doute peu de chances de séduire les consommateurs.

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