La Fête du Travail dans le Monde

À la fin du XIXe siècle, en hommage aux syndicalistes américains qui ont obtenu la journée de huit heures, les Européens instituent une «journée internationale des travailleurs» ou «Fête des travailleurs».

Improprement appelée «Fête du Travail», elle est commémorée par un jour chômé le 1er mai en France et dans la plupart des pays… mais pas dans tous.

En Allemagne, le 1er mai est chômé comme en France.

Réminiscences celtes

En de nombreuses régions d’Europe centrale perdurent des traditions qui évoquent irrésistiblement la fête celte d’Halloween, si ce n’est qu’elles se déroulent dans la nuit du 30 avril au 1er mai (et non la veille de la Toussaint).

C’est ainsi qu’à Stuttgart, les enfants profitent de cette nuit pour faire des farces à leurs amis, voisins et parents. En Bourgogne, du côté de Montbard, les jeunes gens associent curieusement deux traditions très différentes : les farces (on déplace des objets) et le «rituel des Mais »» (on coupe des branches que l’on dépose devant la fenêtre de la jeune fille aimée).

En République tchèque, cette nuit-là, on se protège contre les forces du mal et les sorcières en allumant de grands feux sur des lieux élevés. On danse autour des feux et l’on fait la fête à grand renfort de bonne chère et de boissons alcoolisées. Cette vieille tradition rappelle que la Bohème-Moravie fut habitée par les Celtes avant l’arrivée des Slaves.

Notons aussi que perdure en Moravie du nord la tradition du «mât de Mai», symbole du printemps : des garçons coupent un arbre, le lestent de ses branches et le décorent de rubans et de fleurs. En 2006, les habitants de Vendryne ont réussi à inscrire leur mât (53,98 mètres) dans le livre Guinness des records !

– Belgique et Luxembourg :

En Belgique (et au Luxembourg), le 1er mai est chômé et les partis socialistes en profitent pour défiler et réaffirmer leur ancrage à gauche.

Au milieu du XXe siècle, le 1er mai socialiste fut pendant un temps concurrencé par les cortèges «Rerum NOvarum » de l’abbé Joseph Cardjin, fondateur de la Jeunesse Ouvrière Catholique (JOC). Ces cortèges d’ouvriers chrétiens ont lieu le jour de l’Ascension.

– Pays-Bas :

Aux Pays-Bas, le 1er mai reste ordinairement ouvré. Idem en Suisse. Quelques entreprises et organisations internationales concèdent cependant à leur personnel un jour de congé en l’honneur de la fête du Travail.

– Europe centrale :

En Europe centrale, en Pologne ou encore en République tchèque, le 1er mai est toujours chômé mais les défilés, qui étaient quasiment obligatoires sous le régime communiste, ne font plus recette… tout comme en France.

– Australie :

En Australie, quelques syndicats socialistes ou communistes défilent à l’occasion du 1er mai. Mais la fête du Travail est officiellement commémorée à d’autres dates : le 4 mars en Australie occidentale, le 11 mars dans l’État de Victoria, le 6 mai dans le Queensland et le territoire du Nord, le 7 octobre à Canberra (la capitale), en Nouvelle-Galles du Sud (Sydney) et en Australie méridionale.

– Amérique latine :

En bonne élève de l’Europe, l’Amérique latine – Brésil compris – commémore la fête du Travail en chômant le 1er mai. Mais, comme ailleurs, les défilés syndicaux ont largement cédé la place à des activités ludiques: pique-niques, foot-ball….

Au Mexique, dans l’État de Sinaloa, le 1er mai marque la fête de l’été avec la fin de la récolte des tomates et d’autres produits agricoles.

Au Paraguay, en 2002, le chef de l’État a tenté de remplacer le 1er mai par le premier lundi de mai (à la manière britannique). Mais l’opinion publique a rejeté cette réforme et, le 1er mai, on continue de célébrer la fête du travailleur («el día del trabajador») : ce jour-là, les patrons invitent leurs employés à partager un«asado» (sorte de barbecue).

– Israël :

En Israël, on ne chôme pas le 1er mai, bien que l’État juif ait été fondé par des militants socialistes.

– Japon :

Les Japonais ne célèbrent pas la fête du Travail mais la première semaine de mai, dite «Semaine dorée», donne lieu à des festivités et des jours chômés.

– Royaume-Uni :

Au Royaume-Uni, ce n’est pas le 1er mai qui est chômé mais le premier lundi de mai… ce qui permet aux salariés de bénéficier chaque année d’un week-end prolongé.

– États-Unis et Canada :

Même pragmatisme aux États-Unis et au Canada où la Fête du Travail est célébrée le 1er lundi de septembre (les puissants syndicats nord-américains comme l’AFL-CIO n’ont pas voulu s’aligner sur les syndicats européens d’obédience marxiste).

Quelques syndicats québécois manifestent néanmoins le 1er mai en solidarité avec leurs homologues européens.

«Labor Day»

Avec l’aimable contribution de James Day

Aux États-Unis, le «Labor Day» (ou Jour du Travail) ne doit rien à la fameuse journée de 1886. Il tire ses origines d’une grève des cheminots qui, en 1894, avaient voulu soutenir les ouvriers de l’entreprise Pullman, eux-mêmes en grève contre leur employeur.

Le président américain Grover Cleveland n’avait pas hésité à envoyer 12.000 soldats contre les grévistes et deux hommes furent tués au cours des affrontements, à Kensington, près de Chicago. La grève fut déclarée terminée le 3 août 1894, les ouvriers de Pullman prenant même l’engagement de ne plus se syndiquer.

Les citoyens américains s’étant indignés des méthodes brutales du président Cleveland, les élus de la Chambre des représentants, à Washington, votèrent la proposition d’un jour chômé pour honorer les travailleurs. Le président lui-même signa le projet de loi six jours à peine après l’intervention de l’armée, dans l’espoir de se faire réélire la même année… mais il n’en fut pas moins battu. –

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1 Response to La Fête du Travail dans le Monde

  1. Avatar de Bernard DUBOIS Bernard DUBOIS dit :

    LA REALITE HISTORIQUE DU 1er MAI …….

    – dernières paroles de l’un des condamnés aux Etats- Unis : Augustin SPIES –

    Tout en considérant la rareté des études et des recherches réalisées sur ce sujet pourtant riche d’enseignements économiques,sociaux, politiques et culturels , il est malgré tout impossible de nier les études de trois historiens français : Jean BRUHAT , André ROSSEL et Maurice DOMMANGET .
    Les travaux réalisés par ces trois universitaires ne laissent AUCUN doute sur l’origine du 1er Mai qui est bien né après la manifestation du 1er MAI 1886 aux Etats-Unis ( lire l’intégralité de mon texte dans la rubrique de ce blog : culture et tradition ) .
    Le contexte international étant expliqué examinons les origines dans notre pays .

    LE 1er MAI EN FRANCE ……..

    En France , dès 1890 ,les manifestants du 1er MAI ont pris l’habitude de défiler en portant à la boutonnière un TRIANGLE ROUGE . Celui-ci symbolise la division de la journée de travail en trois parties égales : travail, sommeil , loisirs .
    Le triangle est quelques années plus tard remplacé par la fleur d’églantine . En 1907 , à Paris , le muguet , symbole du printemps en Ile-de-France , remplace cette dernière . Le brin de muguet est porté à la boutonnière avec un ruban ROUGE .
    Le 1er MAI 1891 , à Fourmies , petite ville du nord de la France , la manifestation rituelle tourne au drame . La troupe équipée de fusils Lebel et Chassepot tire à bout portant sur la foule pacifique des ouvriers . Elle fait dix morts dont huit de moins de 21 ans . L’une des victimes , l’ouvrière Marie Blondeau , habillée de blanc et les bras couverts de fleurs , devient le symbole de cette journée .
    Avec le drame de Fourmies , le 1er MAI s’enracine dans la tradition de lutte des ouvriers européens .
    Quelques mois plus tard , à Bruxelles , l’Internationale Socialiste renouvelle le caractère revendicatif et international du 1er MAI .
    L’horizon paraît s’éclaircir après la Première Guerre mondiale . Le traité de paix signé à Versailles le 28 juin 1919 fixe dans son article 247 : .
    Les manifestations rituelles du 1er MAI ne se cantonnent plus dès lors à la revendication de la journée de huit heures . Elles deviennent l’occasion de revendications plus diverses .
    Le 23 avril 1919 , le Sénat français ratifie la journée de HUIT heures et fait du 1er MAI suivant , à titre exeptionnel , une journée chômée .
    Les manifestations du 1er MAI 1936 prennent une résonance particulière car elles surviennent deux jours avant le deuxième tour des élections législatives qui vont consacrer la victoire du Front populaire et porter à la tête du gouvernement français le leader socialiste Léon BLUM .
    C’est pendant l’occupation allemande ( nazie ) , le 24 avril 1941 , que le 1er MAI est officiellement désigné par le gouvernement de Pétain, imitant Hitler qui l’avait instituer comme jour chômé et payé dès 1933 , comme fête du Travail et de la Concorde sociale et devient chômé . Cette mesure est destinée à rallier les ouvriers au régime de VICHY .
    A cette occasion , la radio officielle ( collaboratrice ) ne manque pas de préciser que le 1er MAI coïncide avec la ….. fête du saint patron du Maréchal : Saint Philippe !
    En avril 1947 , la mesure est reprise par le gouvernement issu de la Libération qui fait du 1er MAI un jour férié et payé …….. mais pas pour autant une fête légale . Toutefois , la loi du 13 juillet 1905 , concernant les fêtes légales , modifiée par la loi du 20 décembre 1906 , ne lui est pas applicable .
    Sources : consulter les travaux des trois historiens – Jean BRUHAT, André ROSSEL , Maurice DOMMANGET –

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