Nouvel an, ses repas de famille, ses disputes inévitables.

Greta Thunberg, retraites, « gilets jaunes »… Dix arguments pour que le dîner du nouvel an ne sente pas le roussi.

Vous la sentez arriver. Aussi délicate qu’une bouchée à la reine, aussi savoureuse qu’un rôti trop cuit, aussi appétissante qu’une verrine de fruits en gelée. La petite phrase de trop sur Greta Thunberg. La remarque amère sur les privilèges des cheminots. Sans oublier, bien sûr, l’incontournable « il faut séparer l’homme de l’artiste », en référence à la polémique entourant le film J’accuse de Roman Polanski.

Que l’on soit d’accord, ou pas, avec les arguments autour de ces grands débats qui ont marqué l’année 2019, il va falloir entrer dans l’arène. Qu’importe votre niveau d’ébriété, la table ne sera jamais assez grande pour que vous y coupiez. Alors pour éviter la crise de nerfs à minuit, nous vous propose dix arguments pour répondre calmement aux polémiques qui pourraient agiter le repas du réveillon.

1  « Si on écoute Greta Thunberg, on ne fait plus rien »

Ce n’est que l’apéritif, le champagne est à peine servi, mais votre oncle Guy commence fort : « D’accord, la planète va mal, mais ce n’est pas une gamine qui va nous donner des leçons ! Si on écoute Greta Thunberg, on ne fait plus rien et il est trop tard. »

Devenue un visage de la lutte contre le réchauffement climatique, la militante suédoise de 16 ans a fait l’objet de nombreuses attaques, notamment du fait de son jeune âge : Greta Thunberg fait l’école buissonnière, Greta Thunberg défend un sujet réservé aux scientifiques, Greta Thunberg est catastrophiste, etc.

Mais, « c’est symbolique, ça veut dire que le sujet intéresse les jeunes. Après tout, dans 10 ou 20 ans, les conséquences du réchauffement climatique les concerneront directement ».

Quant à ses discours « apocalyptiques », « c’est une réalité »,. « C’est bien qu’elle mette la pression. L’urgence est là. On n’a plus que quelques années pour changer les choses. » Pour résumer, si Greta Thunberg dérange autant, c’est qu’elle « représente la mauvaise conscience. Elle nous met face à nos propres contradictions et nos responsabilités. »

Vous avez pensé à offrir une gourde en inox à votre oncle Guy ?

2. « On ne va pas plaindre les cheminots : ils sont privilégiés et partent à la retraite à 55 ans »

Entre deux verrines avocat-saumon, Raphaël, votre cousin en école de commerce, met les pieds dans le plat des régimes spéciaux avant même que la dinde ne soit servie. Mais il n’a pas tout à fait tort : le régime de retraite actuel des cheminots est globalement plus avantageux que celui de la fonction publique ou du privé. L’âge minimum de départ à la retraite est de 57 ans pour les agents sédentaires et de 52 ans pour les conducteurs de train. Si ce seuil peut varier jusqu’à deux ans en fonction de l’année de naissance des agents, il reste en deçà de l’âge légal de départ dans le privé : 62 ans. Par ailleurs, le calcul de la pension des cheminots est plutôt avantageux puisqu’il se fait sur les six derniers mois d’activité, au taux de 75%. Dans le privé, ce calcul est fait sur les 25 meilleures années et à un taux de 50%.

Les syndicats de cheminots justifient cet écart par la pénibilité de certains métiers. « Les Français oublient souvent que les cheminots travaillent n’importe quel jour de la semaine et de l’année, les week-ends comme les jours fériés et même la nuit, rappelle un syndicaliste au Parisien. La pénibilité est là. Il faut bien qu’il y ait compensation. » Rappelez également à votre cousin Raphaël que pour bénéficier de ce statut, il faut avoir été embauché avant 30 ans et passer une période d’essai allant de un à deux ans et demi pour les jeunes cadres. Période durant laquelle le contrat de travail peut être rompu à tout moment sans indemnités.

« Il y a une confusion entre l’ouverture des droits et l’âge effectif de départ, ajoute le secrétaire de l’Unsa ferroviaire Robert Dillenseger. On peut ouvrir ses droits à la retraite à 56 ans si on est cheminot sédentaire, mais ça ne correspond pas à l’âge effectif de départ à la retraite dans la réalité. Si on veut une pension décente, il faut souvent partir plus tard pour éviter les décotes prévues par les précédentes réformes. Du coup, l’âge effectif de départ est de presque 60 ans pour les sédentaires. » 

D’ailleurs, la question des régimes spéciaux ne se posera bientôt plus à la SNCF puisque les futurs agents ne seront plus embauchés avec le statut de cheminot à partir du 1er janvier. Objectif : permettre à l’entreprise ferroviaire de faire des économies substantielles en termes de cotisations sociales et surtout de se préparer à l’ouverture à la concurrence.

3″Des violences policières ? Mais les ‘gilets jaunes’ l’ont bien cherché, non ? »

Le foie gras arrive sur la table. Théa, végétarienne depuis 6 mois, jette un froid avec ses regards culpabilisants. Votre père macroniste et déjà sérieusement aviné en profite pour tacler sa cible préférée depuis Noël dernier : les « gilets jaunes ».

Au fil des samedis de contestation, le mouvement s’est radicalisé et les violences sont devenues coutumières dans les manifestations. On se souvient du 1er décembre 2018marqué par la dégradation de l’Arc de triomphe, mais aussi du 16 novembre dernier, pour le premier anniversaire du mouvement, place d’Italie, à Paris.

Si une majorité de « gilets jaunes » se désolidarise des casseurs et des groupes de black blocs, les accusant de donner une mauvaise image au mouvement, certains ont fini par faire cause commune avec eux. Résultat : du mobilier urbain est régulièrement dégradé, des véhicules incendiés, des vitrines caillassées. Selon un rapport du Sénat rendu fin juin, les assurances ont évalué les préjudices matériels à 217 millions d’euros, dont plus de la moitié ont touché des artisans, commerçants et prestataires de services.

Des CRS déployés sur la place de la Bastille, à Paris, le 16 novembre 2019.

Mais depuis le début du mouvement, l’escalade de la violence est aussi visible côté forces de l’ordre. A partir du samedi 8 décembre 2018, les arrestations se sont multipliées, souvent sur des motifs flous. « Plus de 10 000 personnes ont été retenues et entendues dans toute la France au cours des sept mois les plus intenses de manifestations », recense Le Monde. Plus de 3 100 manifestants ont été condamnés, un « record pour un mouvement social », note le quotidien. Par ailleurs, le recours aux lanceurs de balles de défense (LBD) s’est très rapidement intensifié, tout comme l’usage de grenades de désencerclement. Leur utilisation a bondi de plus de 200% en 2018, concentrée sur les mois de mobilisation, en novembre et décembre.

Conséquence : des manifestants ont été gravement blessés. Fin novembre, le journaliste indépendant David Dufresne recensait dans Mediapart 318 blessures à la tête, 25 éborgnés et 5 mains arrachées. Dans son dernier bilan, le ministère de l’Intérieur faisait état de 2 448 blessés côté manifestants et 1 742 blessés côté forces de l’ordre. Le dernier blessé grave, Manuel T., a définitivement perdu son œil gauche après avoir reçu un projectile alors qu’il discutait à l’écart des débordements place d’Italie, le 16 novembre. En mars, l’ONU a même réclamé une enquête sur l’« usage excessif de la force » lors des manifestations.

4″Vous êtes allés voir le dernier Polanski ? Franchement, il faut séparer l’homme de l’artiste »

Votre grand-mère Jeanne sert la dinde aux marrons. Les avis sont déjà élogieux – il faut dire que l’odeur est alléchante – mais le mari de votre sœur, Farid, lance une discussion cinématographique : « Au fait, vous êtes allés voir le dernier Polanski ? Il est génial ! Je sais, les féministes vont dire qu’il est accusé de viol, mais bon, il faut séparer l’homme de l’artiste. » C’est le cataclysme : tout le monde y va de son avis, vous ne savez plus où donner de la tête.

Prenons les choses dans l’ordre : le réalisateur franco-polonais, à l’affiche avec son dernier film J’accuse, sur l’affaire Dreyfus, est poursuivi depuis 1977 par la justice américaine pour le viol d’une jeune fille de 13 ans. Il n’a plus mis les pieds aux Etats-Unis, où il risque l’incarcération. Mais il n’a pas arrêté de tourner en Europe. Il a même décroché la Palme d’or, sept César et trois Oscars pour son film Le Pianiste, sorti en 2002. Considéré par le monde du cinéma comme un grand réalisateur, il est ciblé par les organisations et figures féministes, qui ont appelé au boycott de son dernier film, d’autant qu’il a récemment été accusé de viol par une Française pour des faits remontant à 1975, accusations que Roman Polanski nie.

voir le reportage sur FR3  (ici) 

Dans cet article de La Croix, la philosophe Carole Talon-Hugon estime que « ce n’est pas l’œuvre qui est jugée immorale, mais son auteur » et que, par conséquent, « qu’une œuvre soit mise de côté alors qu’elle ne comporte aucune faille morale, au nom des failles de son auteur, serait une forme de moralisme radical ».

Ce à quoi Céline Piques, porte-parole de l’association Osez le féminisme, répond que « l’artiste met de lui dans une œuvre ». Selon la militante, même si une œuvre ne traite pas de la vie personnelle de son auteur, en en faisant la promotion ou en payant pour la consommer, « je participe à l’aura de l’artiste et je cultive son sentiment de toute-puissance. (…) Aurait-on la même indulgence envers un criminel lambda ? Vous imaginez-vous regarder une émission de télé présentée par Marc Dutroux ? »

Vous pouvez donc inciter Farid à faire un choix en son âme et conscience. Il devra notamment s’interroger sur les conditions dans lesquelles vivent les femmes dans certains milieux artistiques, notamment dans le cinéma, et sur l’impunité dont peuvent bénéficier certains agresseurs.

5″ Le Brexit ? Bon débarras les Anglais ! On n’a pas besoin d’eux »

Depuis que Raphaël a intégré son école de commerce, c’est franglais à toutes les sauces. Voilà qu’il se ressert justement de la béarnaise… avec la dinde. What a scandal. Il a beau pratiquer la langue de Shakespeare, l’idée de voir les Britanniques quitter l’Europe a tendance à le réjouir.

Le Premier ministre britannique Boris Johnson, le 11 décembre 2019 à Londres (Royaume-Uni). Là où Raphaël a raison, c’est que les conséquences du Brexit toucheront d’abord le Royaume-Uni. Les autorités britanniques prévoient des perturbations à court terme dans douze domaines-clés, dont l’approvisionnement en eau et nourriture, la santé, les transports et les frontières, ainsi que la possibilité de « désordres publics », selon un rapport gouvernemental. Le pays risque également d’être moins intéressant pour les investisseurs, puisque beaucoup d’entreprises utilisent le Royaume-Uni comme porte d’entrée vers l’Europe. Le Brexit pourrait provoquer « des faillites en série (+15%), faire s’envoler l’inflation, faire chuter les importations (-6%) », selon une étude du cabinet d’assurances Euler Hermes, citée dans Paris Match.

Mais ce qu’il faut aussi rappeler à Raphaël, c’est que, dans un autre rapport, le même assureur affirme que la France se classe comme le cinquième pays le plus touché, au sein de l’Union européenne, par les conséquences du Brexit, notamment à cause de la diminution des exportations françaises outre-Manche. Le Sénat fait ni plus ni moins le constat d’un « désastre » « perdant-perdant », en cas de Brexit dur (c’est-à-dire sans accord). Il évoque des pertes estimées à 7,7 milliards d’euros par an pour la France, soit près de 0,3% du PIB. N’en déplaise à Raphaël, les conséquences d’un « no deal » seraient donc nombreusesReste à savoir si les Parlements britannique et européen vont accepter l’accord de sortie négocié par Boris Johnson et l’UE le 19 octobre. Si le premier ne devrait pas poser problème après la victoire écrasante des conservateurs aux législatives, le second pourrait s’y opposer, notamment concernant les dispositions sur l’Irlande du Nord, assure un juriste dans Le Monde. 

Les conséquences d’un Brexit dur seraient visibles dès le lendemain de son entrée en vigueur, soit le 31 janvier. Les milliers de poids lourds qui circulent de part et d’autre de la Manche se retrouveraient fortement ralentis par les contrôles douaniers, formant des bouchons monstrueux. Les voitures britanniques pourraient être taxées de 10 à 14% et les denrées agricoles de 5 à 50% sur certaines céréales : certains produits anglais coûteront donc plus chers en France. Les pêcheurs bretons et normands, craignent, quant à eux, de se retrouver privés d’une grande partie de leurs revenus : 30% de la pêche française provient en effet des eaux britanniques.

Côté étudiants, le Royaume-Uni pourrait sortir du programme Erasmus (les étudiants déjà sur place pourront toutefois terminer leur cursus). Pour les séjours de longue durée, un visa sera peut-être requis. Mais pour les séjours de moins de 90 jours, ils ne seront heureusement pas nécessaires.

6″120 000 dollars pour une banane scotchée à un mur ? Je vais vendre mes crottes de nez et devenir millionnaire »

Si votre tante Véronique est parfois quelque peu excessive, surtout après un trou normand, force est de constater que l’art contemporain peut parfois être déroutant. Récemment, une banane a ainsi été élevée au rang d’œuvre d’art. Scotchée grossièrement à un mur, son prix a même flambé puisqu’elle a été vendue 120 000 dollars début décembre, à la Foire d’art contemporain de Miami, en Floride (Etats-Unis). On doit cette composition à Maurizio Cattelan, un plasticien italien très coté.

« Comedian », oeuvre de Maurizio Cattelan, a été tout simplement mangée par un autre artiste, David Datuna. Un quart d’heure plus tard, une nouvelle banane était scotchée au mur.  (RHONA WISE / EPA)

« Mais à ce stade, peut-on encore parler d’art ? », s’interroge « tata Véro ». Difficile de ne pas partager son scepticisme. Bien sûr, si l’on s’arrête à l’intérêt esthétique de l’œuvre, on tombera d’accord – une première dans ce dîner de réveillon – pour dire qu’il est quasi-inexistant. Mais on pourrait plutôt s’intéresser à ce que cette banane dit de l’absurdité de l’art contemporain et ses délires spéculatifs. En parvenant à vendre un fruit scotché à un tel prix, Mauricio Cattelan réalise un coup que l’on pourrait estimer proche de celui de Banksy en octobre 2018. Quelques minutes après que son fameux Girl with Balloon ait été adjugé pour 1,185 million d’euros, le tableau s’est auto-détruit, sous les yeux médusés des acheteurs. Une manière de dénoncer les montants vertigineux atteints par ses œuvres.

Une autre hypothèse, un brin nihiliste, pourra être mise sur la table des festivités. Peut-être cette banane ridicule sert-elle à montrer que l’art a le droit d’être détaché de tout principe logique, de toute finalité raisonnée et raisonnable. « Si j’aime cette banane faite œuvre, c’est parce qu’elle n’a aucun sens et qu’elle détruit précisément toute idée d’une idée de l’art », explique ainsi la philosophe Géraldine Mosna-Savoye sur France Culture. L’art peut n’avoir aucune règle, aucun sens, aucune morale. Si votre tante Véronique décide d’élever ces crottes de nez au rang d’art, elle peut donc le faire. Est-ce formidable ? Est-ce pathétique ? Les convives trancheront.

7. « Ce n’est pas avec cette chèvre de Giroud qu’on va battre le Portugal et l’Allemagne à l’Euro »

Il est bientôt une heure du matin, Théa disserte sur les bienfaits de la permaculture face au regard dubitatif de votre oncle Guy. Mamie pose, triomphante, sa fameuse bûche aux myrtilles à 1 500 calories la part sur la table. Votre frère Fabrice en profite pour entamer la troisième mi-temps de ce réveillon avec ce tacle si prévisible contre l’attaquant français.

Régulièrement critiqué, Olivier Giroud n’a jamais fait l’unanimité en équipe de France et certains s’étonnent de le voir encore et toujours en sélection. Il faut dire que sa situation reste pour le moins compliquée en club, avec Chelsea, où il se retrouve placardisé avec un temps de jeu minime. Et puis, on l’entend venir Fabrice avec ses cris d’orfraie : « Il n’a pas été fichu de marquer une seule fois au Mondial 2018 ! » Votre réponse fuse : c’est vrai que cette image de buteur muet lui colle à la peau mais Olivier Giroud privilégie l’efficacité et, n’en déplaise à Fabrice, il empile les buts.

Le footballeur français Olivier Giroud, le 15 juillet 2018, à Moscou (Russie) célèbre la victoire des siens contre la Croatie.

Face à la Moldavie, le 14 novembre dernier, l’ancien Montpelliérain a inscrit son 39e but en Bleu, consolidant ainsi sa place de troisième meilleur buteur de l’histoire de l’équipe de France, devant David Trezeguet. Joueur fétiche de Didier Deschamps, le sélectionneur lui a toujours fait confiance et force est de constater que ça a toujours fonctionné : à lui seul, Olivier Giroud a inscrit 19,6% des buts des Bleus depuis que Deschamps est sélectionneur, plus qu’aucun autre Français sur cette période.

Et si Antoine Griezmann et Kylian Mbappé brillent, c’est parce que le grand avant-centre ne rechigne pas à effectuer les tâches obscures. « Olivier, c’est un attaquant avec un profil particulier, c’est un point d’appui, il a beaucoup de force, est très fort dans les déviations et les remises », commentait Clément Lenglet avant le match des Bleus face à l’Islande, début octobre. Et si Fabrice vous rie encore au nez, renvoyez-le à l’article de Slate.fr qui explique très bien que, même s’il n’a effectivement pas marqué de but lors du Mondial 2018, c’est aussi grâce à Olivier Giroud que la France est devenue championne du monde.

8 « Dans les stades, on ne peut plus rien dire : au moindre ‘enculé’, le match est suspendu »

Votre frère Fabrice n’en démord pas : non seulement, Giroud ne fera pas gagner l’équipe de France, mais en plus, l’esprit du foot se perd. « Dans les stades, on ne peut plus rien dire ! Le moindre ‘enculé’ et le match est suspendu… » Fin août dernier, plusieurs matchs ont en effet été interrompus par des arbitres à cause de chants ou banderoles homophobes. Certains supporters, vent debout contre cette nouvelle règle, ont même donné dans la surenchère : les adversaires et les arbitres n’étaient plus les seuls « enculés », la Ligue professionnelle de football (LFP) l’était également.

Pourquoi cette insulte est-elle inacceptable ?  Tous les  spécialistes, sémiologues et linguistes s’accordent à dire que « enculé » est une insulte homophobe et sexiste. Le Trésor de la langue française retient deux définitions pour ce terme : d’abord « pédéraste passif », déjà très péjoratif, mais aussi « injure adressée à une personne considérée comme méprisable, sotte, dénuée de courage ». Le mot sert donc à désigner les hommes gays et la sexualité qu’on leur attribue, mais aussi à insulter, indépendamment de l’orientation sexuelle et des pratiques de l’autre. « Il n’y a aucun doute sur la dimension homophobe de cette insulte », tranche la linguiste et sémiologue Marie Treps.

« Il s’agit d’une insulte hétérosexiste, c’est-à-dire une insulte d’homme hétérosexuel qui vise à inférioriser les femmes et les gays », indique également l’avocat Etienne Deshoulières sur le site de SOS Homophobie. « Oui enfin, tu sais bien que je ne suis pas du tout homophobe », se défend Fabrice. Justement, l’Observatoire national de la délinquance (ONDRP) a publié en 2017 une étude sur les injures à caractère homophobe, qui écarte la notion d’intention, pour retenir la perception. « Les injures homophobes, comme les injures en général, sont toujours sujettes à interprétation. L’injure se caractérise en effet par le fait qu’elle dépend de la perception de la personne visée », peut-on lire.

9 « Les sapins en plastique, c’est une catastrophe écologique »

Vient le moment tant attendu : les cadeaux. Vos nièces et neveux ne tiennent plus en place, sautent de joie, tapent dans les mains, tout le monde est joyeux. Mais Théa, votre cousine baroudeuse tout juste rentrée d’un voyage initiatique au Népal, vous demande si vous avez bien fait attention à choisir un sapin éco-responsable. « Parce que ceux en plastique qui viennent de Chine, c’est une catastrophe écologique », soutient-elle.

Aïe ! Le vôtre est justement artificiel, et donc, non biodégradable. Vous regrettez d’avoir vu passer cette vidéo de franceinfo sans la regarder. Elle donne tout à fait raison à Théa.

Bénédicte Carrio, militante écologiste, expliquait justement qu’investir dans un sapin artificiel, c’est très mauvais pour la planète, car son coût écologique n’est amorti qu’après une vingtaine d’années d’utilisation. Mais les sapins naturels ne sont pas forcément irréprochables non plus. La monoculture de sapin appauvrit la biodiversité de la terre, et pollue les nappes phréatiques, du fait des pesticides. Il faut donc veiller à leur provenance et privilégier les sapins labellisés FSC ou PEFC, qui garantissent que les arbres proviennent d’une gestion forestière respectueuse de critères écologiques et sociaux.

10. « On pollue plus en envoyant des e-mails qu’en prenant l’avion »

Les esprits échauffés par le réveillon sont apaisés après une bonne nuit de sommeil. Sur la table du petit-déjeuner trônent brioche, confitures et chocolat chaud. Vous profitez de l’accalmie pour ouvrir votre ordinateur et répondre à deux ou trois e-mails, histoire d’être tranquille jusqu’en 2020.

Après un bref discours sur les vertus de la déconnexion, Théa (décidément) vous sermonne face à votre boîte de réception qui déborde : « Tu sais, on pollue plus en envoyant des e-mails qu’en prenant l’avion. » Vous vous sentez coupable, vous qui avez justement choisi tous vos lieux de vacances de l’année en fonction de leur accessibilité par voie terrestre. Cette tendance appelée « flygskam » (« honte de prendre l’avion » en suédois) prend tellement d’ampleur qu’elle influe les résultats du secteur aérien, comme l’explique Courrier International.

Ce que dit votre cousine sur la pollution provoquée par les e-mails n’est ni tout à fait vrai, ni tout à fait faux : internet, dans son ensemble (téléchargement, streaming, recherches Google), est très polluant. Mais envoyer des e-mails ne pollue pas plus qu’un trajet en avion. On estime qu’un e-mail équivaut à environ 10g de CO2 – soit une ampoule basse consommation allumée pendant une heure. Une fois arrivé dans votre boîte mail, il est stocké « dans la vraie vie » au sein d’un « data center », ou « centre de données » en français, extrêmement gourmand en électricité.

Ce n’est donc pas l’e-mail en lui-même qui pollue, mais son stockage : ajoutez-donc sur votre liste de bonnes résolutions celle de trier vos courriels régulièrement et de veiller à ne pas vous abonner à des newsletters inutiles. Et n’abandonnez pas vos efforts quant à la pollution aérienne : un aller-retour Paris-Katmandou, par exemple, émet 3,06 tonnes de CO2soit plus de 600 allers-retours Paris-Bordeaux en train, selon Consoglobe. Thea peut donc aller se rhabiller.

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2 commentaires pour Nouvel an, ses repas de famille, ses disputes inévitables.

  1. francefougere dit :

    Oh non, pas Greta 🙂
    amitiés

    Bonne fin d’année dans l’humour et l’espérance

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